Cas pratiques · épisode 1 sur 9 · 3:02
Lire l'état de son programme en trois minutes
Un lundi matin de fin septembre 2026. Olivier Marchetti a un point d'équipe dans une heure et veut savoir où en sont les seize risques de son programme Entrepôts connectés.
Chapitres
Ce que vous allez voir
Ouvrir le fichier du programme, lire la matrice (axes, couleurs, Avant, Après, côte à côte, Trajectoire, appétence, cible, options), revenir à une revue, filtrer par case, repérer les risques au-dessus de l'appétence, ouvrir une fiche.
Pourquoi c'est important
Dans un point d'équipe, personne ne demande combien il y a de risques. On veut savoir lesquels méritent qu'on s'y arrête, si la situation s'améliore, et ce qui a changé depuis la dernière fois. Un tableau de seize lignes n'y répond pas en dix minutes ; la carte des risques y répond en quelques secondes, à condition de savoir la lire.
La carte sert d'abord à trier : la ligne d'appétence sépare ce que l'équipe gère d'elle-même de ce qui doit remonter au directeur de programme ou au sponsor. Elle sert ensuite à raconter un mouvement. Une note de douze ne dit rien à elle seule : si elle vient de seize, le plan d'actions fonctionne ; si elle vient de neuf, c'est une alerte. Lire la carte avant, après et en trajectoire évite de commenter une photo quand il faudrait commenter un film.
Pas à pas
1. Ouvrir le fichier
Riskr tient dans un seul fichier HTML, que l'on ouvre d'un double-clic dans son navigateur : pas d'installation, pas de compte. Les données du programme sont dans un second fichier, rangé à côté ; l'épisode 9 explique où elles vivent. Riskr s'ouvre sur l'onglet Matrices, la carte des risques.
2. Lire la carte
De gauche à droite, la probabilité ; de bas en haut, l'impact ; la couleur combine les deux, du vert au rose. Le petit chiffre dans le coin d'une case compte ses risques, utile quand les bulles se chevauchent. Lisez la position autant que la couleur : un risque très probable mais bénin (probabilité 5, impact 2) et un risque rare mais grave (probabilité 2, impact 5) ont la même note, dix, et n'appellent pas la même réponse.

3. Avant, après, trajectoire
« Avant » place chaque risque comme si aucune mesure n'existait : c'est le risque inhérent. « Après » le place tel qu'on le constate aujourd'hui. « Trajectoire » relie les deux, et la longueur de chaque flèche mesure l'effet des mesures. Cherchez les flèches qui partent vers la droite ou vers le haut : ici, une seule menace s'est aggravée, le 2.2.
« Après » n'est pas ce que vous espérez : une mesure encore en cours ne fait pas reculer la bulle. Ce que le plan d'actions doit donner à terme s'appelle la prévision (épisode 4).

4. Appétence et cible
La ligne pointillée en escalier marque l'appétence, réglée ici sur « Modéré » : une note jusqu'à neuf est acceptée ; au-delà, on traite le risque ou on l'accepte formellement. Sous la carte, « Cible » ajoute un losange là où chaque risque doit arriver, bleu s'il y est déjà, blanc sinon ; « Taille = vélocité » grossit les bulles des risques qui frapperaient le plus vite. Riskr retient ces réglages pour toutes les analyses ouvertes dans le même navigateur.

5. Revenir à une revue
La frise au-dessus de la carte aligne les revues du programme : chacune est une photo datée des cotations. Un clic sur le 30 juin affiche la carte de mi-année, en lecture seule. C'est la réponse la plus rapide à la question qu'on vous posera forcément : qu'est-ce qui a bougé depuis la dernière fois ?

6. De la carte au risque
En vue « Après », un clic sur une case affiche ses risques à droite et filtre le registre ; un second clic retire le filtre. En dessous, le panneau orange liste les risques actifs dont la cotation actuelle dépasse l'appétence : l'ordre du jour de la réunion. Ils sont quatre, tous en baisse depuis l'inhérent et tous encore au-dessus de la ligne : les mesures agissent, elles ne suffisent pas. Le 2.2 n'y figure pas, parce qu'il est survenu : c'est désormais un problème à gérer (épisode 3). Un clic sur une ligne ouvre la fiche du risque.
Matrice probabilité × impact
On retrouve cette grille dans la plupart des méthodes de gestion de projet : le PMI en fait l'outil de base de l'analyse qualitative des risques, PRINCE2 parle de grille probabilité-impact. L'idée est toujours la même : estimer séparément la chance qu'un événement se produise et le mal qu'il ferait, puis les croiser.
Au quotidien, la matrice ordonne une conversation ; elle ne mesure rien au sens strict. Les échelles de un à cinq sont des repères : un risque noté douze n'est pas deux fois plus grave qu'un risque noté six. Elle dit de quoi parler en premier, et ce qui bouge d'une revue à l'autre.
Dans Riskr : une matrice 5 × 5, lisible avant, après ou en trajectoire, par risque ou par groupe (une bulle par groupe, qui en fait la moyenne).
Appétence au risque
Le PMI définit l'appétence comme le degré de risque qu'une organisation accepte en échange du bénéfice qu'elle en attend. COSO, le référentiel américain de gestion des risques d'entreprise, fait de sa définition l'un de ses principes ; l'Orange Book du Trésor britannique lui consacre une note depuis 2020. MoR insiste : fixée au sommet, l'appétence doit être connue à tous les niveaux.
Au quotidien, c'est la règle que votre sponsor applique déjà sans l'avoir écrite : « tant que c'est jaune, vous gérez ; au-delà, je veux savoir ». L'écrire évite qu'il découvre un risque trop tard, et que l'équipe remonte tout par précaution. Au-dessus de la ligne, deux réponses honnêtes : agir, ou accepter le risque formellement, par quelqu'un qui en a l'autorité, avec une date pour réexaminer ce choix.
Dans Riskr : le niveau se règle dans l'onglet Paramètres (Faible jusqu'à 4, Modéré jusqu'à 9, Élevé jusqu'à 14, ou aucun) et s'enregistre avec l'analyse. La limite confiée à chaque projet, la tolérance, se règle à part (épisode 7).
Les pièges à éviter
Le piège le plus courant
Lire la couleur au lieu de la position. Deux bulles de même couleur peuvent raconter deux histoires opposées : un désagrément presque certain, ou une catastrophe improbable. Regardez sur quel axe le risque est haut : c'est lui qui dit s'il faut surtout réduire la probabilité ou surtout se préparer aux conséquences.
- Prendre « Après » pour ce qu'on espère. Si la bulle pleine suit les intentions, la carte perd sa valeur de témoin.
- Présenter la carte sans l'avant. Sans trajectoire, un risque qui recule ressemble à un risque qui s'aggrave.
- Oublier les risques survenus. Ils quittent la liste de l'appétence, pas l'ordre du jour.
- Croire que sous la ligne, tout est réglé. Un risque sous la ligne reste suivi, et une revue peut le faire remonter.
Et dans votre cas ?
- Votre programme n'a pas d'appétence écrite. Partez de « Modéré » et faites-la valider au prochain comité ; le lien « modifier » du panneau orange mène au réglage.
- Vous devez montrer la carte dans une présentation. L'icône en haut de la matrice la copie en image ; pour un comité complet, la vue comité fait mieux (épisode 6).
- Vous avez beaucoup de risques. Commencez en vue « Groupes » pour le relief général, puis passez en vue « Risques ».
- Vous reprenez un programme en cours de route. Parcourez la frise des revues de la première à la dernière : vous voyez ce qui a été maîtrisé, ce qui résiste, et depuis quand.
À retenir
La carte se lit en trois temps : avant les mesures, aujourd'hui, et le chemin entre les deux.
Au-dessus de la ligne d'appétence, on décide : traiter le risque, ou l'accepter formellement.
Une case ou une ligne mène toujours au détail, et chaque revue passée reste consultable.
Pour aller plus loin
- Notions : la matrice, l'appétence et la tolérance, les quatre cotations, les revues, la vélocité.
- Méthodes : le PMI, COSO, l'Orange Book, MoR, et la table de correspondance.
- Épisodes : 2 · enregistrer un risque, 3 · le risque survient, 5 · la revue mensuelle, 6 · le comité de programme.
Transcription complète
Lundi matin, avant son point d'équipe, Olivier Marchetti veut savoir où en sont les risques de son programme. Voyons comment le lire en trois minutes.
Olivier ouvre le fichier de son programme, Entrepôts connectés, dans son navigateur : rien à installer. Riskr s'ouvre sur l'onglet Matrices, la carte des risques.
De gauche à droite, la probabilité : plus un risque est à droite, plus il a de chances d'arriver. De bas en haut, l'impact : plus il est haut, plus il ferait mal. La couleur combine les deux, du vert jusqu'au rose, critique.
À l'ouverture, chaque bulle est l'un des cinq groupes de risques. Cliquez sur « Risques » : chaque bulle devient un risque, avec son numéro : le groupe, puis son rang.
« Avant » montre le programme sans aucune mesure : quatre risques dans le rose. « Après » montre aujourd'hui, mesures prises : il n'en reste qu'un, le deux point deux. Ce bouton met les deux cartes côte à côte.
« Trajectoire » relie les deux : chaque flèche va de la bulle creuse, avant, à la bulle pleine, aujourd'hui. Presque toutes reculent. Le quatre point trois avance, mais c'est une opportunité. Le deux point deux file vers la droite : la seule menace aggravée. On verra pourquoi dans l'épisode trois.
La ligne en pointillés, c'est l'appétence : le niveau de risque accepté, ici « Modéré ». Au-dessus, on ne laisse pas faire : on traite le risque, ou on l'accepte formellement.
Chaque repère sous la carte s'allume ou s'éteint. « Cible » ajoute un losange là où Olivier veut amener chaque risque : bleu, c'est atteint ; blanc, pas encore. « Taille égale vélocité » : plus un risque frappe vite, plus sa bulle est grosse. Riskr retient ces choix pour toutes vos analyses.
Au-dessus de la carte, la frise des revues. Cliquez sur le trente juin : voici la revue de mi-année, en lecture seule. Le deux point deux était encore ici. Depuis, c'est le seul risque qui a bougé.
« Actuel » ramène à aujourd'hui. En vue « Après », cliquez sur une case : probabilité trois, impact quatre. Son petit chiffre en coin l'annonçait : trois risques. Ils s'affichent à droite, et le registre est filtré de la même façon.
Un second clic retire le filtre. En dessous, les risques actuels au-dessus de l'appétence : leur note sans mesure, puis aujourd'hui. Tous les quatre ont baissé, mais restent au-dessus de la ligne.
Et le deux point deux ? Il n'y figure pas : il est déjà survenu, ce n'est plus une menace à venir. Cliquez sur sa case, puis sur sa ligne : voici sa fiche. C'est l'épisode trois.
À retenir : la carte se lit avant, après, et en trajectoire. Au-dessus de la ligne d'appétence, on décide. Un clic sur une case ou un risque mène au détail.
Dans le prochain épisode : un fournisseur annonce un retard.
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