Cas pratiques · épisode 5 sur 9 · 4:01
Tenir la revue mensuelle
27 septembre 2026. Olivier a tenu la revue de rentrée du programme le 15 septembre ; il la rejoue pour comprendre ce qui a vraiment changé depuis l'été, puis prépare la suivante.
Chapitres
Ce que vous allez voir
Lire la frise des revues, comparer deux revues et lire les motifs, prendre du recul avec une revue plus ancienne, lire une opportunité, suivre l'exposition par groupe face à l'appétence, figer une revue, la nommer et la signer, régler la cadence, marquer un risque comme revu, envoyer les rappels de revue dans l'agenda, relire les dernières modifications.
Pourquoi c'est important
Un registre se périme vite. Les cotations saisies en janvier racontent janvier. La revue remet le registre à l'heure : pour chaque risque, est-il toujours là, a-t-il bougé, et pourquoi ? Sans revue, le registre devient une archive qu'on ressort pour l'audit.
La revue sert aussi de mémoire. Dans six mois, quelqu'un demandera pourquoi un risque est passé de 12 à 20, ou pourquoi on a cessé de s'inquiéter d'un autre. Si la réponse n'est écrite nulle part, elle dépend du souvenir de ceux qui étaient là, et ils auront peut-être changé de poste.
Enfin, seule la revue rend les tendances honnêtes. Dire « ça va mieux » suppose de comparer deux photos datées ; sans elles, on compare un chiffre d'aujourd'hui à une impression.
Pas à pas
1. Lire la frise des revues
Avant la séance, relisez la synthèse de la revue précédente comme on relit le compte rendu de la dernière réunion : ce qui avait été décidé a-t-il été fait ? Une nouvelle recrue peut aussi lire les synthèses de la plus ancienne à la plus récente : c'est l'histoire du programme en dix minutes.
2. Comparer avec la revue précédente
Regardez d'abord les compteurs, puis seulement les lignes qui ont bougé. Pour chacune, une seule question : la raison est-elle écrite ? Un changement de cotation sans explication est la première chose qu'un auditeur, ou votre successeur, vous demandera.

3. Prendre du recul
Choisissez la revue de départ selon la question posée : la précédente pour savoir ce qui a changé depuis la dernière fois, une plus ancienne pour juger la tendance. Lisez les opportunités à part : pour elles, une note qui monte est une bonne nouvelle, et Riskr la compte comme une amélioration. Dans le graphique, un groupe qui repasse au-dessus de la ligne d'appétence mérite un point à part au comité.

4. Figer la revue
Figez en fin de séance, une fois les cotations mises à jour, pas avant : la photo retient l'état du registre à cet instant, c'est-à-dire l'avant et l'actuel de chaque risque, ce qu'on a constaté plutôt que ce qu'on espère. Rédigez la synthèse tant que la discussion est fraîche : ce qui est arrivé, ce qui a été décidé, qui fait quoi. Figer une revue vaut revue pour chaque risque : la cadence repart de cette date, sauf pour ceux dont la fiche fixe une date précise.

5. Préparer la revue suivante
Réglez la cadence générale sur le rythme du programme, puis adaptez risque par risque : un risque survenu, ou dont les effets arrivent vite, se revoit plus souvent. Attention à un détail : « Marquer comme revu » efface la date choisie dans la fiche et fait repartir la prochaine revue de la cadence générale. Si le 2.2 doit rester suivi chaque mois, refixez sa date après l'avoir marqué.

Surveillance et revue
L'ISO 31000 décrit la gestion des risques comme un processus : identifier, analyser, évaluer, traiter, et, tout du long, surveiller, revoir et communiquer. PRINCE2 prévoit de même des revues régulières des risques. Aucun des deux n'impose de fréquence : c'est à l'organisation de la fixer.
Au quotidien, la bonne cadence est celle qui précède les décisions : une revue calée quelques jours avant le comité, pour qu'il travaille sur des chiffres frais, et entre deux revues, un œil sur les risques qui bougent vite. En séance, on ne discute que ce qui a bougé ou ce qui dépasse l'appétence ; le reste, chaque responsable l'a vérifié avant.
Dans Riskr : une cadence générale (90 jours par défaut, dans les Paramètres), une date par risque dans sa fiche, le filtre « À revoir » du registre et des revues figées que l'on compare deux à deux.
Menace et opportunité
L'ISO 31000 définit le risque comme « l'effet de l'incertitude sur les objectifs », cet effet pouvant être positif ou négatif. Le PMI et PRINCE2 en tirent deux familles, les menaces et les opportunités, chacune avec ses propres réponses : on cherche à réduire une menace, à exploiter ou à renforcer une opportunité.
Au quotidien, les opportunités sont les grandes oubliées des registres : on y pense à l'atelier de lancement, puis plus jamais. Pourtant une aide financière, un meilleur prix ou un gain de délai se gèrent comme un risque : un responsable, des mesures pour les favoriser, un suivi en revue. Sinon, elles passent sans qu'on les ait saisies.
Dans Riskr : la nature Menace ou Opportunité se choisit sur la fiche ; une opportunité propose ses propres stratégies (Exploiter, Renforcer, Partager, Accepter, Escalader) et ne réduit pas la provision pour risques.
Les pièges à éviter
Le piège le plus courant
Changer une cotation sans en écrire la raison. Sur le moment, tout le monde sait pourquoi. Trois mois plus tard, personne. Écrivez-la dans la synthèse de la revue et dans la fiche du risque, en une phrase : ce qui s'est passé, ce qui a été décidé.
- Figer avant d'avoir mis à jour. La photo enregistre alors l'état d'avant la discussion, et la comparaison suivante sera fausse.
- Toujours comparer avec la dernière revue. Sur un été, un seul incident remplit l'écran. Sur six mois, on voit que sept risques se sont améliorés. Les deux lectures sont vraies ; le comité a besoin des deux.
- La revue-inventaire. Relire seize risques un par un en séance use l'attention avant les sujets importants. Traitez en séance ce qui a bougé et ce qui dépasse l'appétence.
- Perdre de vue les risques survenus. Un risque survenu sort du filtre « À revoir » et des rappels d'agenda, puisqu'il ne peut plus arriver. Son suivi passe par sa fiche, par exemple par la date de réexamen de la décision prise à son sujet.
Et dans votre cas ?
- Vos responsables de risques ne peuvent pas tous venir. Demandez-leur de mettre à jour leurs risques avant la séance et de les marquer comme revus ; la réunion ne traite plus que les écarts.
- Votre programme compte plusieurs projets. Un clic sur un projet, dans le bandeau du programme, limite l'onglet Revues à ses risques : chaque chef de projet peut préparer sa partie.
- On vous demande qui a modifié quoi. Sous la frise, les dernières modifications sont datées et signées du nom déclaré dans la pastille, et un clic ouvre la fiche concernée.
- Vous voulez les rappels dans votre agenda. Le menu Exporter produit un fichier .ics avec un rendez-vous par risque actif, le jour de sa prochaine revue ; importez-le dans Outlook, Google Agenda ou Calendrier, et refaites l'export quand les dates changent.
À retenir
Une revue remet le registre à l'heure et laisse une photo datée qu'on pourra comparer. Les motifs comptent autant que les chiffres : ils sont la mémoire du programme. La cadence se règle en général et s'adapte risque par risque, en commençant par ceux qui bougent vite.
Pour aller plus loin
- Notions : revues et cadence, les quatre cotations, l'appétence, le risque, menace ou opportunité, le risque survenu.
- Méthodes : ISO 31000, PRINCE2, PMI.
- Épisodes liés : 3 · Le retard est confirmé : le risque survient, 4 · Mettre le plan d'actions en route, 6 · Préparer le comité de programme, 9 · Où sont mes données ?.
Transcription complète
Le quinze septembre, Olivier a tenu la revue de rentrée de son programme. Il la rejoue aujourd'hui pour comprendre ce qui a vraiment changé depuis l'été, puis il prépare la suivante. Voyons comment Riskr garde la mémoire des revues.
Dans l'onglet Revues, la frise garde les cinq revues du programme depuis décembre, la plus récente en haut. Chacune est une photo de la note de chaque risque à une date donnée, avec sa synthèse : de quoi savoir, des mois plus tard, d'où l'on vient.
À droite, Riskr compare deux photos. Olivier met la revue de juin face à celle de septembre, et le verdict est net : pendant l'été, un seul risque a bougé, et c'est pour s'aggraver.
C'est le deux point deux, passé de douze à vingt. Sous son titre, l'équipe a noté pourquoi : le retard est survenu en juillet, et le plan de rattrapage est lancé. C'est tout l'intérêt du motif : dans six mois, le chiffre seul ne dira plus rien, mais la raison sera écrite.
Mais un été, c'est court. Pour juger la tendance, Olivier part plutôt de la fin du cadrage, en avril, d'un clic sur la frise. Et là, le tableau change : sept risques se sont améliorés. Le programme avance ; c'est un seul incident qui assombrit la rentrée.
Un piège, tout en bas : le quatre point trois monte, et pourtant il compte comme une amélioration. C'est une opportunité, un événement qu'on souhaite voir arriver, ici des certificats d'économies d'énergie mieux valorisés. Pour une opportunité, plus la note est haute, mieux c'est.
Le graphique raconte la même histoire, thème par thème. Chaque courbe suit un groupe de risques, et le pointillé marque l'appétence : le niveau de risque que le programme accepte de porter ; au-delà, il faut agir. Automatisation et fournisseurs, le groupe le mieux tenu au printemps, passe au-dessus à la rentrée. C'est le message qu'Olivier portera au comité.
Comment cette revue est-elle entrée dans la frise ? En fin de séance, Olivier a cliqué sur « Figer une nouvelle revue », et Riskr a photographié les notes des seize risques. Le registre peut ensuite changer, la photo, elle, ne bougera plus : c'est ce qui rend les comparaisons fiables.
Puis il l'a nommée et a écrit sa synthèse, directement sur la carte : ce qui est arrivé, et ce qui a été décidé. L'auteur se modifie au même endroit : ici, c'est le comité de programme.
Et qui signe ? Pas de compte à créer : vous indiquez votre nom une fois, dans la pastille en haut à droite. Riskr l'inscrit ensuite sur chacune de vos modifications, et il reste dans ce navigateur.
Reste à préparer la suite. Sous le bouton, la cadence : chaque risque doit être revu au moins tous les quatre-vingt-dix jours, soit une fois par trimestre. Passé ce délai, il apparaît dans le filtre « À revoir » du registre. Elle se règle dans les Paramètres.
Mais un risque survenu n'attend pas trois mois. Dans la fiche du deux point deux, Olivier a avancé la prochaine revue au quinze octobre, un mois seulement après la dernière. Le jour venu, « Marquer comme revu » notera la date et relancera le compteur.
Pour ne rien oublier, le menu Exporter propose des rappels de revue : un fichier pour votre agenda, avec un rendez-vous par risque, le jour de sa revue. Seuls les risques actifs en reçoivent : le deux point deux, survenu, se suit désormais comme un problème, dans sa fiche.
Enfin, sous la frise, les dernières modifications, chacune signée et datée, dont la revue de rentrée figée par Olivier. Quand on vous demande qui a changé quoi, et quand, la réponse est là, et un clic ouvre la fiche concernée.
À retenir : comparez deux revues, et lisez les motifs autant que les chiffres. Figez la revue en fin de séance, c'est la mémoire du programme. Et laissez la cadence et l'agenda vous rappeler la suivante.
Dans le prochain épisode : Olivier prépare son comité de programme.
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