← un outil de l'atelier cartae.applibre · hors ligne · sans compte
Riskr

Cas pratiques · épisode 4 sur 9 · 3:56

Mettre le plan d'actions en route

27 septembre 2026. Le retard des convoyeurs de Saint-Priest (risque 2.2) est confirmé depuis juillet : Olivier organise le rattrapage et veut savoir qui fait quoi, pour quand, et si cela suffira.

Chapitres

Ce que vous allez voir

Lire les quatre cotations d'un risque et ce que la prévision dit du plan, lire les mesures dans le nœud papillon (barrières préventives ou de protection, état, porteur, échéance, efficacité), en ajouter une, la suivre dans l'onglet Plan d'actions (par état, par porteur, par échéance, glisser-déposer, retards, « Mes mesures », recherche) et comprendre pourquoi la prévision se décide en revue.

Pourquoi c'est important

Un registre des risques sans plan d'actions n'est qu'une liste d'inquiétudes. Ce qui protège un programme, ce sont les mesures : une commande passée plus tôt, un contrat de location signé, un audit chez le fournisseur. Et une mesure ne protège que si elle est faite, à temps, et si elle agit vraiment.

Le plan d'actions répond à trois questions que tout directeur de programme se pose en début de semaine : qu'est-ce qui a glissé, qui est débordé, et est-ce que cela suffira. Les deux premières se lisent dans l'onglet Plan d'actions. La troisième se lit ailleurs, dans l'écart entre la prévision et la cible de chaque risque, et c'est la plus souvent oubliée : on peut exécuter un plan à la perfection et rester au-dessus du niveau visé, parce que le plan était trop court dès le départ.

C'est aussi sur le plan d'actions qu'un comité juge le sérieux d'une équipe. Trois mesures en retard sur quarante-six, c'est une information. Deux d'entre elles sur les risques les plus lourds, c'est un sujet de séance (épisode 6).

Pas à pas

1. Faire le point sur les mesures d'un risque

Commencez par la fiche du risque plutôt que par le plan : les quatre cotations disent si le plan est à la hauteur avant même d'en lire les lignes. Si la prévision reste au-dessus de la cible, le plan est insuffisant, même mené à terme. Lisez ensuite les barrières du nœud papillon, en regardant d'abord leur efficacité, notée de 1 (simple constat) à 5 (très forte) : une mesure faite mais notée 1 ne vous protège presque pas.

Fiche du risque 2.2 : cotations Avant 12, Actuel 20, Prévision 9, Cible 6, la prévision et la cible entourées
Fiche du 2.2 : même si tout le plan réussit, le risque s'arrêtera à 9, au-dessus de la cible de 6. Il manque au moins une mesure.

2. Ajouter une mesure

Formulez une mesure comme un résultat qu'on peut constater (« obtenir du fabricant un planning ferme, zone par zone »), pas comme une activité sans fin (« suivre le fournisseur »). Donnez-lui un porteur et une échéance dès sa création : sans échéance, elle ne pourra jamais apparaître en retard. Une mesure ajoutée depuis le registre est rangée côté préventif par défaut ; si elle sert à limiter les conséquences d'un événement déjà arrivé, comme ici, basculez-la côté protection avec le bouton « Changer de côté » du nœud papillon, ou créez-la directement dans la bonne colonne avec « Ajouter une barrière ».

Registre en mode Édition : nouvelle mesure du 2.2 avec son texte, son porteur Karim Haddad et son échéance au 15/10/2026
La nouvelle mesure du 2.2, avec un porteur et une échéance calée sur la prochaine revue du risque.

3. Suivre le plan d'actions

Lisez le plan dans trois ordres ; chacun répond à une question différente. Par état : qu'est-ce qui a glissé ? Par porteur : qui en porte trop ? Une personne qui détient un sixième du plan est un point de fragilité, car son absence arrête un pan entier. Par échéance : que faut-il relancer cette semaine, et qu'est-ce qui tombe dans le mois ? Une mesure sans porteur est rangée chez le responsable du risque : c'est lui qui en répond tant que personne n'a été désigné.

Onglet Plan d'actions rangé par état : 61 mesures, 4 en retard, cartes en retard en tête de la colonne En cours
Rangement par état : les quatre mesures en retard passent en tête de la colonne « En cours », avec leur date dépassée en rouge.

4. Relire la prévision en revue

Terminer une mesure ne fait pas baisser l'actuel : Riskr attend que vous constatiez l'effet. En revue, posez deux questions pour chaque mesure terminée. A-t-elle changé la situation ? L'actuel peut alors baisser. A-t-elle marché comme prévu ? Sinon, la prévision doit remonter. Le champ « Preuve » de chaque barrière sert à noter comment vous le savez : un test, un contrôle, un compte rendu.

Risque inhérent, résiduel et actuel

Les référentiels raisonnent en deux temps. L'Orange Book du Trésor britannique distingue le risque brut, évalué avant les mesures de maîtrise, et le risque net ou résiduel, évalué une fois ces mesures en place. COSO ERM parle aussi d'un niveau de risque cible, celui que l'organisation vise après ses réponses.

Au quotidien, ce « résiduel » est souvent pris pour la situation du jour, alors qu'il suppose que toutes les mesures prévues sont faites et efficaces. Un risque dont le plan est à moitié exécuté n'est pas à son niveau résiduel : il est quelque part entre les deux. C'est la première cause des registres trop optimistes.

Dans Riskr : quatre cotations. Avant (l'inhérent), Actuel (ce qu'on constate à la dernière revue, que les mesures non terminées ne réduisent pas), Prévision (l'équivalent du résiduel) et Cible (épisode 3).

Nœud papillon et barrières

L'ISO/IEC 31010, le catalogue de techniques qui accompagne l'ISO 31000, décrit l'analyse en nœud papillon : les causes à gauche, les conséquences à droite, l'événement redouté au centre, et entre eux des barrières. Les préventives réduisent la probabilité, celles de protection réduisent la gravité. Née dans la sécurité industrielle, la technique est reprise par les méthodes de gestion de projet comme outil d'analyse, sans figurer dans leur vocabulaire officiel.

Au quotidien, le nœud papillon sert surtout à repérer un plan déséquilibré. Tout à gauche, on parie sur la prévention et rien n'est prêt si l'événement arrive quand même. Tout à droite, on a renoncé à l'empêcher. Une fois l'événement survenu, seules les barrières de droite travaillent encore.

Dans Riskr : la fiche du risque est un nœud papillon, chaque mesure a un côté et une efficacité de 1 à 5 (épisode 2).

Responsable du risque, porteur de la mesure

PRINCE2 et MoR séparent deux rôles : le propriétaire du risque (risk owner), qui en répond et choisit la réponse, et l'exécutant d'une action (risk actionee), qui la mène à bien sous son autorité. Il peut s'agir de la même personne. Le PMI parle surtout du propriétaire du risque.

Au quotidien, cette séparation évite deux travers : le responsable du risque qui fait tout lui-même, et l'exécutant qui ne sait pas à quoi sert sa tâche. Samira Ouali répond du retard des convoyeurs ; Karim Haddad, lui, porte la location des trieurs.

Dans Riskr : le responsable figure sur la fiche du risque, le porteur sur chaque mesure. « Par porteur » et « Mes mesures » se fondent sur ce second nom.

Les pièges à éviter

Le piège le plus courant

Confondre « fait » et « efficace ». Un contrat de location signé ne dit pas que les trieurs absorberont le pic de fin d'année. Tant que l'effet n'est pas constaté, laissez l'actuel où il est, notez l'efficacité avec honnêteté et écrivez la preuve dès que vous l'avez. Une action terminée n'est pas forcément une protection efficace.

Et dans votre cas ?

À retenir

Une mesure sans porteur ni échéance n'est qu'une intention : personne n'en répond et personne ne verra son retard. Le plan d'actions montre ce qui glisse ; l'écart entre prévision et cible montre si le plan suffit. Une mesure faite ne fait pas baisser l'actuel : c'est l'effet constaté en revue qui le fait.

Pour aller plus loin

Transcription complète

Le retard des convoyeurs de Saint-Priest est confirmé : dix semaines. Olivier organise le rattrapage, et il veut savoir qui fait quoi, pour quand, et si cela suffira. Voyons comment Riskr l'aide à y voir clair.

Olivier ouvre la fiche du deux point deux. En haut, quatre notes sur vingt-cinq résument le risque. Avant, douze : le risque avant toute mesure. Actuel, vingt : ce qu'il vaut aujourd'hui, depuis que le retard est arrivé. Prévision, neuf : là où l'on arrivera si le plan réussit. Cible, six : le niveau visé.

Regardez les deux dernières : même si tout le plan réussit, le risque s'arrêtera à neuf, au-dessus de la cible. Le plan actuel ne suffit donc pas, il faut une mesure de plus.

Pour la choisir, Olivier descend jusqu'au nœud papillon, où chaque mesure devient une barrière. À gauche, les préventives agissent sur les causes, pour que l'événement n'arrive pas. À droite, les protections en limitent les conséquences. Ici, l'événement a déjà eu lieu : c'est donc à droite que tout se joue.

Prenez la location de trieurs provisoires, qui doit absorber le pic de fin d'année. Karim Haddad devait la boucler le quinze septembre, et elle est toujours en cours. Son efficacité n'est notée qu'à un sur cinq : tant que rien n'est signé, elle ne protège presque rien.

Quelle mesure ajouter ? Pour mettre Saint-Priest en service zone par zone, Olivier a besoin que le fabricant s'engage sur des dates. Il ferme la fiche, passe le registre en mode Édition, et ajoute une mesure sous le deux point deux.

Il écrit la mesure, la confie à Karim Haddad, et fixe l'échéance au quinze octobre, jour de la prochaine revue du risque. Sans porteur ni échéance, une mesure n'est qu'une bonne intention : personne n'en répond, et personne ne verra qu'elle prend du retard.

Place à la vue d'ensemble. L'onglet Plan d'actions réunit les soixante et une mesures du programme, rangées par état. Il y a quatre mesures en retard, et elles sont présentées en tête de colonne, en rouge, pour qu'on les voie tout de suite.

Deux de ces retards sont chez Karim, et tous deux préparent le pic de fin d'année. Olivier l'appelle : la location des trieurs vient d'être signée. Il glisse la carte dans la colonne « Faites » : la mesure change d'état, et il ne reste que trois retards.

Ensuite, Olivier vérifie que personne ne croule sous les mesures. Par porteur, chacun a sa colonne, et Karim en porte dix, un sixième du plan à lui seul. Pour en confier une à un collègue, il suffit de glisser la carte dans sa colonne, ou de cliquer sur la pastille.

Par échéance, on voit ce qui arrive bientôt : d'abord les retards, à relancer cette semaine, puis ce qui tombe dans le mois, ici la nouvelle mesure de Karim. Les mesures faites sont rangées à part, tout à droite.

Et Olivier lui-même ? « Mes mesures » ne garde que les siennes : trois, dont deux déjà faites. Un directeur de programme en porte peu : son rôle est de faire avancer celles des autres. Riskr vous reconnaît au nom inscrit dans la pastille.

Avant la revue du quinze octobre, Olivier veut retrouver tout ce qui touche aux trieurs. Il tape le mot dans la recherche de l'onglet : il ne reste que les six mesures du deux point deux.

Revenons à la fiche. La location est signée, et pourtant aucune note n'a bougé. C'est voulu : l'actuel décrit ce qu'on constate, et il ne baissera que lorsque la situation aura changé. La prévision, elle, est un jugement : c'est l'équipe qui la fixe en revue, en estimant où le plan la mènera.

À retenir : sans porteur ni échéance, une mesure n'est qu'une intention. Le plan d'actions vous montre d'abord les retards. Et la prévision, c'est vous qui la décidez, en revue.

Dans le prochain épisode : la revue mensuelle, justement.

Vous souhaitez un partenaire qui connaît les exigences des grands programmes ?